Atelier Vert-Lumière
24 Rue Bernard Palissy
42100 Saint-Étienne
04 77 41 94 74
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On peut dire très simplement que l’Art-thérapie est une pratique de relation
d’aide globale, qui utilise des médiations artistiques en
particulier, (Peinture, danse, musique, argile, chants, théâtre etc.)
À ce titre, elle entre dans le domaine du soin, en proposant
au sujet un accompagnement personnalisé de ses souffrances physiques ou
psychiques.
L’avantage de cette pratique est d’être ouverte à toutes les personnes, quel que soit leur âge (enfants de 3 ans en maternelle pour qui cette pratique est un outil de développement personnel extraordinaire, mais également les personnes âgées, et personnes en fin de vie). Tous les humains peuvent bénéficier de ses avantages, chacun à son niveau, chacun avec ses possibilités créatives et expressives. Cela confère à l’Art-thérapie une puissance universelle due à sa légitimité sociale et culturelle.
L’intérêt de cette pratique (par la médiation picturale), est qu'elle ne nécessite pas d’avoir de qualités artistiques pour en tirer profit. Faire de l’arthérapie par la médiation picturale, nous permet de constater que toutes les personnes sont créatives à leur manière, mais on s’aperçoit au contraire que les peintres expérimentés peuvent éprouver plus de difficultés devant une approche spontanée et parfois irrationnelle.
Cela dépend évidemment à qui on s’adresse, ainsi que des enjeux et des
buts recherchés. En effet, en Arthérapie, il y a des enjeux spécifiques
en fonction de la demande de la personne et des objectifs à atteindre pour
accéder au soin.
Dans ma pratique, l’Art-thérapie consiste avant tout à aller chercher du matériel
inconscient, lequel est inconnu pour la personne. On utilise alors
des médiations artistiques mais également des vecteurs qui sont soit le
jeu, soit l’énergie, soit le hasard. Ces 3 vecteurs permettent d’accéder
au matériel inconscient, ce qui permet à la personne de pouvoir investir
et explorer son propre inconscient à des fins thérapeutiques
ou de connaissance de soi.
Une séance s’origine d’abord dans un jeu où la personne se sentira le plus
libre possible, c'est-à-dire échappera au dogme de la conscience logique
et rationnelle (par exemple jeux avec les yeux fermés, en musique). On
peut rapprocher cette phase de l’écriture ou dessin automatique.
Sera constitué ainsi un travail abstrait, à partir duquel la personne va
chercher à voir des images alors très réalistes et figuratives. Ces images,
fantasmes oniriques et symboliques seront exploitées jusqu’à l’accomplissement
de formes conscientisées dans l’œuvre/tableau.
La plupart de mes confrères arthérapeutes (et les formations d’Arthérapie
proposées correspondantes) proposent essentiellement un travail sur la
conscience du sujet, ce qui est complètement respectable mais à mon sens
insuffisant pour se rapprocher de la dimension holistique de la personnalité
humaine. Ce qui m’intéresse personnellement est de proposer un travail
sur l’inconscient créateur du sujet et la fonction créative
globale de la personne pour l’amener à mobiliser et à matérialiser des
images issues de sa Psyché toute entière. C’est une des grandes spécificités
de cette pratique que de chercher de mettre en lien l’inconscient et la
conscience du sujet pour être ensuite analysé.
Une autre spécificité de l’Atelier Vert-Lumière est d’aller au-delà du
cadre référentiel du « tout psychologique » pour explorer la dimension
spirituelle (ou transpersonnelle) pour ceux qui le souhaitent
et sont attirés par cette autre « lecture » d’eux-mêmes et de leur rapport
au monde.
Suite à l’observation des comportements humains sur le plan psychologique (et ceci est valable quelque soient les personnes observées), on sait que chacun d’entre nous est constitué d’une part d’inconscient considérable, en rapport à l’univers conscient qui le caractérise. L’inconscient, ce sont à peu près les trois-quarts de la personnalité humaine ! Cet inconscient-là agit en permanence dans tous les domaines de notre vie et dès lors, il est tout à fait impossible de prétendre à aider une personne à se connaître (ou à fortiori à se soigner) sans prendre en compte cette part de l’inconscient tout à fait majoritaire. L’inconscient est pour moi la base et l’origine de tout au niveau de ce qui pourrait porter un individu à être, à créer, à aimer, à souffrir et à guérir ou évoluer… J’ai le sentiment profond que si on ne passe pas par son inconscient en Art-thérapie, on ne va utiliser qu’une infime partie de sa propre personnalité en terme de psychologie, comportements, histoire et culture. C’est donc à travers l’outil analytique que la personne va prendre conscience de cette part inconsciente d’elle-même et qu’elle va mettre en place ce que C.G Jung appelle un « processus d’individuation ».
Ce terme a été élaboré par C.G Jung. Le processus d’individuation consiste à parvenir à faire un travail d’unification entre l’inconscient et la conscience. Le travail d’individuation consiste donc à harmoniser ce qui vient de l’inconscient et s’exprime vers la conscience et voir à l’inverse ce qui en partant de la conscience a été refoulé vers l’inconscient. Au lieu que cela soit, pour chaque personne névrosée, source d’un éternel conflit, cela devient un lieu psychique d’harmonisation interne, de régulation et d’autonomie sans rapport de force. Un Processus d’Individuation est donc un travail de réalisation de la totalité de ce qui nous constitue en tant qu’être et qui permet d’atteindre alors un aspect plus spirituel qu’on nomme le Soi. Le but d’un Processus d’Individuation est de réaliser le Soi à partir du Moi conscient et de son rapport à l’inconscient.
Je me suis aperçu au fil de mes années d’expériences, d’abord en sortant
des Beaux Arts, puis avec mon travail avec les enfants, les adolescents,
ensuite les personnes âgées, les adultes et personnes dites normales ou
touchées par des psychopathologies, que tous les êtres humains, de manière
universelle, disposaient d’une fonction créative qui les amenait à se
créer à travers leurs créations, dans un cadre, un environnement
particulier. Cette fonction créative s’infiltre aussi dans d’autres domaines
comme le bricolage, la cuisine…et ne se résume pas uniquement au champ
artistique. On peut l’apparenter à une autre fonction humaine comme par
exemple : le fonction digestive, respiratoire, circulatoire…
Il y a donc une fonction créative dans chaque être humain qui
mérite d’être développée dans la mesure où celle-ci permet de s’adapter
à la vie à partir de sa propre création. Je trouve cela fascinant et cela
n’a jamais été exploré à mon sens sous cette forme anthropologique.
L’analyse des tableaux est nous l’avons dit la spécificité première de notre pratique d’Arthérapie Analytique et Transpersonnelle. L’inconscient qui s’exprime ne sait produire que des symboles, ce qui nécessite une interprétation des œuvres. Elle s’effectue dans une triangulation constituée par l’arthérapeute, l’œuvre et le créateur. Chacune de ces trois entités a symbolique interagit pour donner naissance à une sémiologie. L’interprétation est donc une hypothèse de travail symbolique et sémiologique à trois. L’analyse est la pierre angulaire de cette pratique où l’œuvre, le créateur et l’arthérapeute créent ensemble une interprétation symbolique de ce qui a été matérialisé hors de soi.
Il s’agit dans les faits de décoder, de décrypter, d’interpréter l’inconscient
comme un interprète traduirait une langue étrangère. L’arthérapeute est
censé être un spécialiste de la sémiologie des images proposées par l’inconscient
et à ce titre et avec le sujet va chercher à travers ses images à décoder
l’inconscient de celui-ci. C’est en vérité un travail d’accompagnement
où la personne s’interprète elle-même et où l’arthérapeute lui fait des
renvois, et questionne.
Le mot sémiologie signifie décrire et analyser tous les signes distinctifs
à l’intérieur du tableau (exemple : formes particulières, les personnages,
les couleurs, les lignes, les matières, les espaces laissés vacants…) en
somme déchiffrer les codes picturaux à l’intérieur même
du tableau exprimé.
Ce travail peut durer toute une vie mais peut être ponctuel, à un certain moment, pour certaines personnes, comme un état des lieux pour se situer dans son chemin d’évolution. A titre personnel, je n’envisage pas d’abandonner cette introspection car à tous les moments de ma vie j’aurai à apprendre de mon inconscient quelque chose à travers la matérialisation des images qu’il me propose. Penser que cela est un outil manifeste pour traiter ponctuellement une crise, est déjà très bien, mais insuffisant pour évoluer jusqu’à la fin de notre vie.
Incontestablement non, car la plupart des gens qui viennent à l’Atelier ne sont pas malades au sens psychopathologique du terme. Ils viennent essentiellement dans le souci d’une connaissance d’eux-mêmes à travers leurs productions. C’est ce que l’on nomme : le développement personnel. Cela ne relève donc pas d’une thérapie au sens stricte du terme mais s’apparente d’avantage à un chemin conscient d’évolution de sa naissance à sa mort.
Il est effectivement important de tenter de répondre à cette question car la plupart des êtres humains confondent religion et spiritualité. La formule la plus claire pour définir la spiritualité est la définition de K. G. Durckheim (maître spirituel du XXe siècle) : « La spiritualité, c’est le sentiment non manifesté de la grandeur qui est en chacun de nous ». Cette formule montre que la dimension spirituelle inscrite en chacun de nous est bien au-delà des religions, bien au delà de la psychologie et de l’art. K. G. Durckheim disait encore : « La religion sépare les hommes et l’expérience spirituelle les unit ». Je constate quotidiennement ce fait dans ma pratique professionnelle d’accompagnement depuis 30 ans en gériatrie, psychiatrie et soins palliatifs. L’important, c’est de rendre manifeste cette dimension spirituelle, quelle qu’en soit la forme et « l’état » morbide de la personne.
Grande question s’il en est ! Mon expérience personnelle m’a appris à
me méfier de toute génération spirituelle spontanée.
J’ai eu la chance d’être touché par un enseignement qui m’ait correspondu
dans ma sensibilité, celui d’Arnaud Desjardins et de Swami
Prajnanpad. J’essaie de me mettre dans la lignée de cette tradition
par la lecture de leurs livres, même si je ne suis pas un vrai disciple
de ces maîtres, ne pouvant pas vivre quotidiennement auprès d’eux. Il me
parait très important et même indispensable de se référer à un
enseignement traditionnel qui a fait ses preuves et qui s’appuie
sur une transmission de génération à génération.
De manière résumée, il n’y a que deux obstacles majeurs à faire un travail sur soi qui soit de nature thérapeutique ou spirituelle : ce sont l’ego et le mental qui sont en tous points de vue des outsiders enclins à vouloir nous empêcher de réaliser ce que nous sommes en profondeur, de nous empêcher d’évoluer vers le Soi. Immanquablement, le travail d’arthérapie à l’Atelier Vert-Lumière est un travail sur l’ego et le mental (travail sur les peurs, les émotions, la souffrance, l’égoïsme, l’égocentrisme, etc.). Aucune évolution individuelle, en Arthérapie ou ailleurs, ne pourra dépasser le seuil de notre ego et les maléfices de notre mental. Dans le registre du psychologique ces deux acteurs seront relativement protégés, mais dans l’immersion spirituelle, ils devront être délogés.